Ni dépression, ni euphorie, gardons le cap ! Nous ne croyons pas que la nécessaire récession des économie se transforme en dépression comme dans les années 30 dans le monde et dans les années 1990 au Japon. Nous avons dit pourquoi : la croissance pressante des pays émergents à la population bien plus grande que la nôtre, les ressources rares qui vont forcer à l'ingéniosité et aux économies, la résilience fondamentale de la société américaine qui, face au mur, sait se débrouiller sans mendier d'assistanat autre que provisoire.
Comme disent les Anglais, "Laissez faire is horribly last season. Dirigisme is the new black" - le laisser-faire est affreusement passé de mode, le dirigisme est de nouveau branché. Mais ne croyez pas que le soviétisme revienne, non plus que le socialisme à la 1981. Il s'agit plutôt de corriger ce qui a failli : la régulation du FMi et de Bâle II, la comptabilité, le contrôle des fonds opaques (hedge funds, dérivés, offshore). Le voeux pieux d'un organisme de contrôle mondial n'est pas pour demain tant les nations et les zones monétaires ont des intérêts divergents.
Les gouvernements et les banques centrales agissent au mieux, dans le brouillard de cette crise d'une ampleur jamais vue. Car ce sont moins les sous-jacents (subprimes) qui font désormais problème que l'empilement des dérivés (CDS, dérivés de risques, options, etc.) qui représentent 10 ou 15 fois les sous-jacents réels. Déboucler tout cela prend du temps; le "garantir" est irréaliste. D'où la "crise de confiance" entre banques, qui refusent de se prêter entre elles. D'autant que l'erreur de la Fed a été de sauver Bear Stearns mais de laisser couler Lehman, signe qu'une grande banque pouvait sans état d'âme aller à la faillite sans garde-fou. Si rien n'est trop gros pour couler, tous les établissements sont attaquables, y compris la Caisse d'Epargne en France, ING ou Royal Bank of Scotland, pourtant gros et reconnus. Malgré l'interdiction des ventes à découvert, les hedge attaquent. A coup de rumeurs sur le net, d'informations tronquées via les tables, des coups brutaux des traders. On ne résoudra pas cette crise sans mettre le hola à ces pratiques qui déstabilisent le système.
Si les financières ont pâti le plus en bourse - et c'est justice - les autres secteurs sont désormais atteints parce que la récession n'est plus une simple prévision d'économiste (encore que très peu y "croyaient" malgré leurs modèles sophistiqués...) mais devient une réalité tangible. Licenciements, réduction des investissements, gel de l'immobilier, chute des prix des maisons, difficultés de plus en plus grandes à trouver du crédit, hausse du chômage - tout cela montre que les économies ralentissent, et plus fortement qu'anticipé. Pourquoi voudriez-vous que les actions industrielles ou le cours du baril de pétrole ne reflètent pas cette réalité ? Les variations de cours sont bien sûr amplifiés par les hedge funds et le renversement des stratégies d'hier. Elles le sont aussi parce que la fin d'année approche et que l'heure des bilans va bientôt sonner : les gestionnaires de portefeuilles veulent présenter des comptes "nettoyés" de tout ce qui paraît risqué; les gérants de fonds de placement et SICAV veulent faire de nouvelles liquidités pour provisionner les probables retraits des porteurs, influencés par le climat de panique ambiant.
En période de crise, c'est la confiance qui est le baromètre et pas le niveau des profits ni l'évaluation des actions. C'est la peur ou l'avidité qui guident l'investissement sur le court terme; mais les profits et les dividendes sont le guide sur le long terme. Et c'est bien la peur qui commande à présent. Même si les plus avisés commencent à regarder les perspectives métier, la solidité du bilan, le modèle d'affaires de certaines entreprises. Comme Warren Buffet. Mais lui a la vie devant lui - pas le tremblant moyen qui achète en bourse comme on joue au Loto.
Donc attendez. Ne vous précipitez pas sur l'or car le Napoléon voit sa prime grimper : faites attention à la parité de son cours avec l'once de métal. Si la prime grimpe parce que la demande excède l'offre (on ne presse plus aucune pièce et leur rareté fait leur prix) - la prime s'inversera une fois la crise passée ! Commencez à regarder le pétrole et les sociétés d'exploration et production. Lisez les bilans, les perspectives techniques, comparez les valeurs. N'achetez rien encore : octobre est toujours le mois du krach avec des raisons maintes fois évoquées pour cela.
Notre scénario est qu'après le grand lessivage d'octobre (en cours), dont il est difficile de voir jusqu'où il peut aller (aux niveaux actuels ? aux plus bas 2002-2003 ?), un rebond aura lieu à partir de novembre ou décembre. peut-être jusqu'à février ou mai. Avant un nouveau creux de purge finale (mai ? octobre 2009 ?). Ces schémas ne sont que la traduction de comportements psychologiques habituels, amplifié par l'effet saisonnier et par les effets de cycle. Nous serons en 2009 dans une première année présidentielle aux Etats-Unis : une nouvelle ère. il n'en suffit parfois pas plus pour engendrer un nouvel optimisme.
Nombre de hedge funds fermés en 2007 : 500. En 2008 : le double est en prévision. Aucune visibilité, malgré des prix de valeurs massacrées (hors financières). Des organismes de regulations qui tentent de passer à côté du sytème bancaire pour financer l'économie (comme pour les Commercial Paper). Certains anticipent peut être des banques uniques par zone, genre banque centrale, donc la valeur des financière s'approche du O. Maintenant, le bilan des assureurs vont sortir. C'es plusieurs fois le bilan des banques. Et si demain, la monnaie s'effondrait ? Le seul point très positif, c'est que tous les gouvernants sont conscients du problème et des choses sont tentés, sans succès pour le moment. Donnez nous un système fiancier compréhensible et stable : la richesse reviendra. Pour la modification du sytème financier en profondeur, à entendre les intervenant du marché, ils n'attendent qu'a se refaire, donc rien n'a changé.
Rédigé par: toledo | 10 octobre 2008 à 00h28
Moi je suis fonctionnaire. La crise n'a aucune influence sur mes finances. Mon salaire tombre chaque mois, qu'il pleuve, qu'il vente, que les tours du World Trade Center tombent, que Kervielle brûle 5,6 mds d'euros, etc...
Rédigé par: Palmetto | 10 octobre 2008 à 15h35
Désolé de vous le dire Palmetto mais votre "traitement" "garantit" va en prendre un grand coup sur la geule vu la pluie de papier que l'Etat répend partout.
Rédigé par: salluste | 10 octobre 2008 à 23h38
Qu'est-ce que vous nous jouez là, Palmetto (au féminin) ? La lutte de caste ? Vous souhaitez que l'on supprime encore plus de postes de fonctionnaires - qui coûtent et ne se préoccupent pas de solidarité nationale en cas de crise ? Qu'on supprime le Statut de la Fp comme les Suédois l'ont fait ? C'est beau l'égoïsme - mais vous savez, en cas de crise très grave, les émeutes et les piques n'épargnent pas ceux qui apparaîssent comme "accapareurs" et "nantis", avec tous les guillemets que vous voulez... Sans remonter à Louis XVI, révisez seulement l'Allemagne des années 1930, juste pour vous faire une idée plus adéquate de l'énormité que vous venez de proférer.
Rédigé par: Alain | 12 octobre 2008 à 12h33