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02 juin 2009

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Voici les sites qui parlent de Déflation ou marasme durable ? par Alain Sueur :

Commentaires

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Salluste

Le diagnostique de Fisher était parfaitement approprié à la situation de l'époque, mais il faut souligner que Fisher n'avait rien vu venir, il croyait en 1929 que les USA étaient arrivés à un plateau d'abondance perpétuelle. Mises et Hayek avaient eux parfaitement conscience du caractère extraordinairement dangereux de la politique de taux artificiellement bas qui a préparé la grande dépression.
Autrement dit contrairement à ce que l'on peut lire partout il est beaucoup trop tard pour agir, les déséquilibres sont là et il faudra bien revenir sinon à l'équilibre du moins à une dynamique plus soutenable sur le long terme.
La question pertinente en terme de politique économique est à mon sens plutôt de savoir comment accompagner le processus dépressif. Lutter contre aura les même effets que les politiques se voulant volontaristes qui ont toutes échouées que ce soit en France où aux Etats-Unis sur la période. Ce n'est qu'en 1937-1938 que la conjoncture mondiale a commencé à s'améliorer un peu, timidement.
Concernant les USA les différences historiques sont énormes, en 1929 les USA était un pays exportateur dont l'Etat était peu endetté. Aujourd'hui la dette d'Etat est monumentale si l'on y intègre les engagements de retraite. Et les américains ne produisent même plus le capital dont ils ont besoin pour assurer le maintien d'un appareil productif anémié par une politique de taux bas qui a déséquilibré profondément les choix d'investissements depuis plus de 20 ans. Autrement dit le pays qui est aujourd'hui le plus dans la position des USA des années 20, c'est la chine qui s'est lancé dans une course à la consommation matérialisée par le fait suivant :il s'y vend désormais plus de voitures qu'aux USA. Malheureusement pour les USA relancer la consommation c'est alourdir le déficit commercial, tuer le dollar et préparer le terrain à la faillite de l'Etat US qui se matérialisera pas une crise hyper-inflationniste qui risque d'être mémorable. C'est à mon sens sur ce fondement qu'il faut mettre en doute les conseils de M Fisher ils étaient parfaitement adaptés à une nation de producteurs, pas une nation devenue (relativement) improductive. Il me semble que tout le problème est là concernant nos cousins américains, il va falloir d'une façon où d'une autre qu'ils acceptent de réviser à la baisse leur consommation. La hausse du chômage va se poursuivre, si l'automobile et la construction ne devraient plus détruire beaucoup d'emplois maintenant qu'elles ont souffert d'un étiage historique les données laissent à entendre que d'autres secteurs commencent à procéder à des ajustements massifs, à mon sens le fond de la crise sera atteint lorsque les budgets de santé seront drastiquement révisésc à la baisse et que l'on verra ce bassin d'emploi se rétracter à son tour, à ce moment là on sera tout prêt pour le retournement de la con joncture US, la phase inflationniste violente sera en voie d'apaisement il sera bien temps de vendre son or pour acheter des actifs ....

A bientôt et vive M Fisher

Alain

Que Fisher se soit trompé sur la "nouvelle économie" de son époque, rien de plus vrai. Mais il a eu une bonne intuition : considérer la dette et pas seulement l'offre/demande ou le stock de monnaie. C'est là son apport théorique. Il y a en effet des cycles de dettes comme il y a des cycles de surproduction et des cycles d'innovations.
Pour le reste, il ne s'agit pas d'aller "contre" le processus déflationniste, il s'agit d'empêcher "la" déflation (qui est un processus cumulatif et pas la simple baisse des prix). Beaucoup de confusion naît de croire que déflation signifie baisse des prix ! C'est contre cet amalgame stupide du point de vue économique que je m'élève (avec la Banque de France et Fisher) dans cette note.
Que la chute des actifs doive s'accomplir, c'est inévitable en économie de marché (forcément cyclique). Que la reprise vienne d'un nouvel élan d'optimisme plutôt que de se cacher la tête dans le sable (et l'or dans les coffres), c'est ce que l'on doit tous encourager - et en premier lieu les Etats, qui gardent quelques marges puisqu'ils ont le monopole de la contrainte légale (donc de l'impôt) et que leur puissance permet d'attirer relativement les talents et les capitaux (économie-monde). Que l'inflation renaisse ensuite, c'est à peu près inévitable : cela voudra dire que l'on investit à nouveau et que les capitaux circulent...
Les USA ont du boulot car ils ne pourront plus vivre à crédit comme depuis 20 ans - mais ni la Chine, ni l'Inde, ne sont prêtes à prendre le relai de la puissance. Reste donc à aménager la (probablement longue) transition.
L'Europe, de plus en plus verte, pourrait jouer un rôle de nouveau modèle, moins productiviste et plus intégrateur (voir la note suivante sur Gestion de fortune) - mais je crains qu'elle ne cherche qu'à aménager son nid, bien protégé, bien frileux... Et que les marchés doivent donc tout attendre des Etats-Unis, comme d'habitude.
Pour moi, ce n'est pas avant l'an prochain. Si tout va bien.

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